Nouveau financement de la « Cidade Matarazzo » d’Alexandre Allard pour le Brésil

Alexandre Allard s’est lancé dans la rénovation d’un ancien hôpital de Sao Paulo

Ce projet incluant un hôtel de luxe a un coût de 388 millions de dollars.

Le magnat de l’immobilier français Alexandre Allard dit avoir obtenu de nouveaux financements pour la Cidade Matarazzo, ambitieux projet de rénovation d’un hôpital en ruine de Sao Paulo, appartenant jadis à l’industriel brésilien Francesco Matarazzo.

Selon M. Allard, le groupe Allard et une filiale du développeur basé à Hong Kong, Chow Tai Fook Enterprises Ltd se sont entendus sur une augmentation du capital commun de 295 millions de reais (95 millions de dollars), après un premier financement de 395 millions de reais. La branche gestion d’actifs de la Banco Votorantim a également approuvé une ligne de crédit de 250 millions de reais à utiliser pour le projet, un pari risqué dans un pays subissant la pire récession du siècle.

« La crise brésilienne est en grande partie derrière nous et le rebond dépendra de l’économie créative et non de la consommation », nous confit Alexandre Allard dans une conversation téléphonique depuis Sao Paulo. « Nous serons le premier projet illustrant la reprise. »

Alexandre Allard a cofondé Consodata en 1995, société française de marketing direct vendue en 2002 au conglomérat turinois Seat Pagine Gialle, éditeur de la version italienne des pages jaunes. Devenu multimillionnaire, il a désiré changer de carrière, se consacrant à sa passion pour l’art et l’architecture. Il a commencé par rénover de vieux trésors parisiens, comme l’hôtel cinq étoiles Royal Monceau et l’hôtel particulier de Pourtalès et a repris la maison de couture Balmain.

Après Paris, l’entrepreneur français né à Washington D.C. et qui a passé sa petite enfance en Côte d’Ivoire, a trouvé une nouvelle obsession : le Brésil. Pendant neuf ans, il a travaillé à construire la Cidade Matarazzo sur les ruines de l’hôpital qui tient son nom de l’immigrant italien décédé en 1937 et considéré alors comme l’homme le plus riche du Brésil. Pour cela il s’est offert l’architecte Jean Nouvel, gagnant du Prix Pritzker.

Son projet est un hôtel de 3,2 hectares avec 274 chambres et suites conçues par Jean Nouvel et le designer Philippe Starck, sept salles de réception, une chapelle rénovée, un centre culturel avec un théâtre, un hall d’exposition, un studio de musique et un cinéma, un centre commercial et 20 000 m² de jardin, sans oublier 34 restaurants. Le projet sera géré par Rosewood Hotels & Resorts, propriété de Chow Tai Fook Enterprises.

Pour M. Allard, le projet sera achevé en 2019, huit ans après avoir acheté le site pour 200 millions de reais à la suite de nombreuses complications juridiques. Il veut en faire un pôle de créativité dans un système « rendu stérile par la mondialisation et la normalisation. » Le groupe Allard indique que le coût de ce projet peut atteindre 1,2 milliard de reais.

Il s’est piqué de curiosité pour le Brésil après avoir rencontré Chico Buarque et Toquinho à un festival corse dans les années 1980, musiciens qu’il a ensuite invités à jouer sur son yacht.

Avec son équipe, il est allé aux confins du Brésil pour trouver les matériaux nécessaires au projet qui sera une vitrine des ressources naturelles du pays. Il s’est entre autres rendu en Amazonie pour trouver le bois qui servira aux 70 000 mètres carrés de panneaux et dans presque 700 carrières pour dénicher le marbre.

Selon lui, malgré sa taille, contrairement à Rio de Janeiro avec ses montagnes en pain de sucre et sa statue du Christ Rédempteur, Sao Paulo n’a pas les symboles qui permettraient à cette mégalopole de rester dans les esprits. Des embouteillages épiques et une infinité d’immeubles en béton lui ont donné le surnom de ville grise, mais M. Allard y voit une industrie culturelle inexploitée.

« C’est un centre culturel. Cette ville est forte d’une longue expérience en musique, peinture, architecture, design, mode et gastronomie. », ajoute-t-il.

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